J’en ai rencontré sur ma route, de ces regards amis, de ces sourires fraternels. Ces présences chaleureuses et complices. Des instants de profondeur et de légèreté.
La grandeur et la beauté de l’humain tient parfois à ces cadeaux que l’on fait sans s’en rendre compte, dans l’instant, un don sans volonté, qui s’échappe de soi... affectueux et tendre. Signe et reconnaissance.
Peut-être faut-il que nous apprenions à mieux voir. C’est cela au fond la foi... un autre regard. De l’intérieur. Du tréfonds de soi... qui apprend à voir ce que les femmes, les hommes, les enfants, les animaux, les arbres et les étoiles offrent sans savoir. A leur insu. Par la grâce de leur seule présence, un sourire, un regard, un mot ou un soupir.
Apprendre à voir l’évident, l’immédiat, l’instant. Apprendre à l’apprécier, à l’accueillir, à le méditer. S’ouvrir au-delà de toutes ses blessures. Sortir de soi pour recevoir ce qui fleurit d’autrui sans devoir. L’empathie de l’être, du cœur, de l’intelligence et de l’âme.
Recevoir et offrir, en passant. Savoir l’éphémère, le vivre et le dépasser sur le chemin de l’éternité. C’est cadeau. Ta présence, ton regard, ton sourire. Cadeaux.
Mes prières à l’Unique, à tous les amours, à toutes les fraternités. J’ai souvent reçu, accueilli et embrassé dans l’instant, tout ce que j’ai pu de chaleur, d’amour, de fraternité et de tendresse... tout ce que j’ai pu et que vous ne saviez pas vous être emprunté, volé. Tellement. Tellement.
C’est ma nourriture, c’est ma force. C’est vous, votre présence, vous, vous échappant de vous... J’ai tellement reçu. Tellement.
J’en ai rencontré sur ma route, de ces regards amis, de ces sourires fraternels. Ces présences chaleureuses et complices. Des instants de profondeur et de légèreté.
Lui dire et vous dire merci. Du fond du cœur.
par Tariq Ramadan