Viens, écoute, assieds-toi près de moi.
J’aurais tellement aimé te raconter des histoires. Pour te faire oublier ou pour te rappeler. Des histoires de femmes et d’hommes qui cherchent, qui se blessent, qui se perdent. Qui trouvent.
Assieds-toi, je t’en prie.
Regarde au loin, dans ma direction. Là-bas, très loin. Vois-tu le soleil ? Devines-tu la pluie de ses rayons qui offre tant de chaleur sans jamais sécher de larmes ? Apprends-moi. Apprends-moi à t’apprendre.
Je t’en prie.
Ne dis rien. Tu n’as pas besoin de dire. Dis-moi. Ton silence, ton regard, ta lumière. C’est vrai ? Il te parle ? L’entends-tu ? Vois-tu Ses signes ? Les comprends-tu ? Toujours ? Tu vois, mes questions parlent pour toi. J’aime tes réponses. J’aime ta présence. Tu Lui parleras de moi, n’est-ce pas ? Tu prieras ? Pour moi ?
Tout près, s’il te plaît.
J’apprends, tu sais. Les apparences sont trompeuses. Vraiment. Vraiment, vraiment ! Souviens-toi de cet ermite qui revint à la source de sa quête. Suis-je déjà en route ? Es-tu sur ma route ? Dis... as-tu une route, une voie, un chemin, un sentier ? M’entends-tu ?
Là, tout tout près.
Tu es un cadeau. Un si beau cadeau. Un signe. Sur ma route. Regarde au loin, regarde-moi. Sommes-nous deux ? Nous sommes deux, nous sommes à Dieu. Je t’ai raconté une histoire, je t’ai parlé du soleil, de sa chaleur. Je t’ai parlé d’amour aussi. J’apprends. C’est difficile. Tu es là, j’aime ta présence. S’il te plaît, regarde au loin. Entends-moi, tout près.
Je t’aime.
Ne l’oublie jamais.
par Tariq Ramadan