Comment accéder à l'amour d'Allah?

Il n'y a pas si longtemps, durant la préparation de mon doctorat, j'ai réussi à accéder provisoirement à un sentiment extraordinaire, unique et si merveilleux. Tant j'en avais besoin, cette affection s'est avérée être vitale pour moi en tant que croyant. Une sensation qui, un jour je l'espère ne partira plus jamais de mon coeur... je l'espère ardemment... C'est seulement après ma septième année de conversion à islam que j'ai commencé à réaliser que cette sensation si agréable est en réalité, L'AMOUR D'ALLAH... Je n'ai pas réussi à comprendre cela auparavant. C'était flou, confus...
Comment suis-je parvenu à cette tendresse du Très-Affectueux? A dire vrai, c'est Dieu, le Tout-Miséricordieux, qui était clément envers moi, en me guidant vers cette inclination. Autrement, avec tout l'effort du monde je n'aurais jamais pu réussir seul...
En effet lors de la préparation de ce doctorat, des pressions et des stress m'inondaient de toute part : la chimie qui ne marchait que rarement, des expériences qui échouaient à presque tous les coups, des exigences énormes de résultats venant de mon directeur et de l'industrie pharmaceutique pour laquelle je travaillais. Trois années de travail acharné dans la recherche, et j'avais l'impression de piétiner, de marcher à reculons. J'avais le sentiment de faire du surplace et j'étais devenu comme un robot. Je n'arrivais plus à réfléchir, mon cerveau s'était bloqué. J'étais devenu idiot, je n'apprenais rien et je ne faisais rien avancer. Le stress était tel que je ne trouvais plus le sommeil ni l'appétit. Je me réveillais avec de la sueur froide en pleine nuit, réveillé par des cauchemars où je voyais des molécules qui s'agitaient dans tous les sens! La dépression a commencé à sévir en moi. Tout ce que je touchais, je voyais ou je faisais, je l'interprétais en mal, en négatif. Cela fut un moment douloureux de ma vie. Je dois avouer que durant 12 années d'études, je n'avais jamais autant souffert que ces trois années-là. Une douleur psychique profonde, d'autant plus que mon entourage en général était insensible à ma peine! Cela était terrible! Je voyais la plupart de mes amis, seulement lorsque l'on devait partager un repas ensemble. Autrement, ils disparaissaient. Peu de compréhension et de miséricorde de leur part. C'est comme s'ils étaient eux aussi devenus des robots à leur tour. Ce manque de solidarité me peinait. Cependant avec beaucoup de recul, je remercie humblement Allah que ces amis ne s'étaient pas intéressés à moi, car c'est grâce à cette indifférence générale que mon besoin d'affection de Lui, le Très-Noble, était devenu plus grand et plus vital encore... Vu que mon entourage ne me prodiguait pas ce soutien psychologique, plus que jamais je m'accrochais à mon Créateur et je Lui demandais continuellement de m'aider... à Lui, Lui Seul...
Mais cette insensibilité de leur part me torturait tout de même et cela ne faisait qu'ajouter aux problèmes que j'avais déjà au laboratoire. Où justement, des hypocrites se sont comportés comme des animaux avec moi. Des gens sans coeur qui prétendent être des scientifiques! Ne véhiculant en eux aucune valeur humaine! Depuis qu'ils ont su que j'étais musulman, ils ont multiplié leurs mesquineries, leurs abjections. Avec cette ambiance atroce au laboratoire et un manque cruel de sensibilité de mon entourage, j'ai essayé une vingtaine de fois de démissionner. Réellement, j'ai voulu tout arrêter, tout abandonner pour aller reposer mon esprit qui souffrait tant. Durant cette épreuve difficile, je me répétais sans cesse un verset du Coran: «Certes après la difficulté, viendra la facilité ...». J'ai tout fait pour que ce verset devienne LA devise de ma vie. Je pleurais sans cesse. J'ai demandé avec insistance à Allah de me libérer de cette torture, de cette flamme qui brûlait mon âme. J'ai senti que mon existence était devenue impossible à vivre. Je voulais continuellement fuir, partir loin de mes problèmes. A chaque fois que j'écoutais une cassette de récitation du Coran, je pleurais. Mais ce qui me faisait le plus souffrir avant tout, c'est d'avoir cru qu'Allah m'avait abandonné, à tel point qu'Il ne voulait plus répondre à mes prières. Cette idée m'avait terriblement affligé! Mes larmes ne cessaient de couler chaque fois que je pensais à cela. Je répétais sans cesse «Ne m'abandonne pas! Ne m'abandonne pas mon Seigneur! Je T'en supplie, ne me laisse pas... Aide-moi... Ne laisse pas un de Tes serviteurs sans Ta guidance ...». A un moment, j'ai perdu espoir en Dieu, en Sa Miséricorde, en Sa Bonté... J'ai commencé à être ingrat...
C'est dans les moments difficiles que l'on voit vraiment sa foi, sa conviction. C'est dans ces moments-là que le besoin de Dieu est immense. D'ailleurs, je me demande comment ils font ces non-croyants dans des épreuves redoutables de la vie? Comment arrivent-ils à espérer encore de la vie, face aux décès de leurs proches? Comment trouvent-ils le réconfort de l'âme sans ce soutien divin? Sans cette spiritualité? Or pour ma part, grâce à l'islam, au lieu d'être traumatisé par cette épreuve, j'en suis sorti avec une plus grande force morale et une conviction accrue!
En effet, Allah ne m'avait pas abandonné à mon propre sort. Au contraire, Il m'a fait passer ce test pour que je devienne plus fort. Pour preuve, durant ces moments terribles j'ai découvert un jour le site www.bostani.com du Dr Abbas al-Bostani et je me suis mis en contact avec lui par e-mail. (Ah internet! Si tu n'étais pas là! Mais comme tu es là, tu apportes aussi ton fléau, ton illusion au monde puisque chaque personne s'enferme dans sa bulle avec toi. Ainsi, nous sommes devenus tes zombies...)
Vrai philanthrope qu'il est, le frère Dr al-Bostani, avec une générosité extraordinaire, sans calcul, ni intérêts d'aucune sorte (une pureté bien rare de nos jours), n'a pas hésité à m'envoyer une trentaine de livres gratuitement de son édition sur l'islam, dont le plus précieux était: «Comment aimer Allah?». Ce livre était mon diamant, mon trésor, mon secret, ma maîtresse... Avec tous mes problèmes de la journée, tout ce que j'espérais c'était de me retrouver chez moi seul, dans la nuit, et d'être dans les bras de ma bien-aimée, mon réconfort, ma paix... mon livre. J'ai dévoré cet écrit comme Gargantua qui n'avait pas mangé depuis des siècles! Je l'ai lu et relu d'une façon incessante. Je scrutais le moindre mot, la moindre phrase. Grâce à ce minuscule livre, j'ai trouvé une paix immense, un soulagement sans bornes à mes douleurs. Je m'attristais lorsque je devais partir au travail, lorsque je devais me séparer de lui... Dans mon intimité, seul avec ma souffrance, je pleurais et j'invoquais Allah sans relâche, de me faire sentir cet amour tant vanté dans ce livre...
Puis un jour, en prenant ma voiture pour aller au laboratoire, j'ai ressenti quelque chose d'étrange ce matin-là. Une sensation de bien-être, de bien-vivre, de joie, de bonheur intense en moi... Je n'ai pas su dans l'immédiat, mais par la suite, j'ai compris ce jour-là qu'Allah, par Sa Très Grande Miséricorde, m'avait fait goûter provisoirement SON AMOUR. Que j'étais heureux! J'avais l'impression d'être sur un nuage! Je me sentais léger... J'avais le sentiment de flotter dans l'air... Une douceur indéfinissable envahit mon coeur... Un délicat parfum venu de très loin, mais si attirant, s'infiltra dans mon âme... Moi qui avais tous ces problèmes non résolus et voilà que je me suis mis à planer! Certains pourraient croire que je me suis «shouté» avec mes molécules chimiques, mais non! Mais non! Je vous assure, je n'avais rien pris, même pas de café (que je n'aime pas d'ailleurs)! Je savais pertinemment que cet état de grâce était provisoire, alors j'en profitais au maximum en m'isolant des autres êtres humains, pour aller déguster égoïstement ce délice, ce plaisir... Un ami doctorant, travaillant dans le même bâtiment de recherche, m'aperçut et me demanda très étonné puisque la veille, il m'avait vu si démoralisé: «Qu'est-ce que tu as? Tu as l'air si heureux?». J'ai vu dans son regard qu'il croyait que j'avais passé une nuit de rêve avec une femme! Mais il ne connaissait pas mon secret...
Cette douce béatitude était unique, incomparable, inestimable pour celui qui l'a vécu un temps si court soit-il... Au beau milieu des gens, j'étais là physiquement, mais mon esprit était ailleurs, loin de tout et de tout le monde. J'avais trouvé ce qu'on appelle le BONHEUR SUPREME, le Nirvana.......................
Ce qu'on en dit